DRC: Le Dialogue Intercongolais (continued)
Quant À Bemba, il présidera le Conseil des Ministres et exercera le pouvoir réglementaire par voie de décrets délibérés en Conseil des Ministres et contresignés par le Ministre responsable.
Le Parlement est composé de 425 députés et de 65 sénateurs, mais aucune précision sur leur mode de recrutement n'a été apportée, si ce n'est que l'AN devra représenter l'ensemble du territoire national, et le Sénat les provinces et Kinshasa. Le rôle de leur président respectif n'a pas non plus été déterminé. S'il est confié À l'AN le soin de contrôler l'action du gouvernement, elle ne dispose cependant pas de la possibilité de mettre en cause la responsabilité de ce dernier devant elle. Le Sénat est en charge de l'avant-projet de Constitution de transition et un groupe de travail représentant toutes les composantes aux négociations rédigera le projet.
Sur le terrain, cet accord prévoit la réunification de tous les territoires c'est-À-dire principalement ceux sous contrôle du gouvernement, du MLC et du RCD et la formation d'une Armée Nationale sous le commandement suprême du chef de l'Etat mais dont les hauts responsables seront issus des entités belligérantes.
Aujourd'hui, la majorité des représentants de la Société civile et de l'Opposition non-armée, le RCD-N et le RCD-ML (soit 258 des délégués présents au Dialogue) ont approuvé l'accord. Le RCD-Goma et les principaux partis politiques d'opposition (UDPS, PALU, FONUS, MNC-L) l'ont rejeté catégoriquement, réduisant À 70% la réunification du pays. Une nouvelle formation, l'ASD (Alliance pour la Sauvegarde du Dialogue intercongolais) réclame la reprise des négociations et lutte, en terme de pression diplomatique et politique contre l'application de cet accord. Elle est constituée du RCD-Goma, de l'UDPS, du DPTN (Dynamique pour une transition neutre), du MLP ( Mouvement Lummumbiste progressiste), du COCEAN (Conseil de l'opposition congolaise externe de l'Amérique du Nord) et du RNS (Rassemblement pour une nouvelle société) et est dirigée par Etienne Tshisekedi. Le Rwanda, soutien du RCD, condamne également cet accord en ce qu'il irait À l'encontre de l'Accord de Lusaka. La communauté internationale À savoir entre autre le Conseil de Sécurité de l'ONU et l'Union Européenne voit dans cet accord une avancée vers la paix dans la région des Grands Lacs mais appelle À la poursuite de pourparlers afin que l'ensemble des entités congolaises adhèrent À une solution globale. Une mission du Conseil de Sécurite de l'ONU conduite par l'ambassadeur français À l'ONU, David Levitte, a rencontré du 29 avril au 7 mai les différents intéressés lors de visites en RDC, Angola, Ouganda, Tanzanie, Rwanda, Burundi et Zimbabwe. Il est ressorti de cette tournée un accord unanime sur la création d'une zone tampon aux frontières de la RDC avec le Rwanda, le Burundi et l'Ouganda.
Des négociations non officielles sur la relance du processus de paix se tiennent en ce moment en Afrique du Sud sous l'égide du Président Thabo Mbeki entre les participants au Dialogue, À l'exception du gouvernement congolais et du MLC. Ces derniers rencontrent pourtant déjÀ des difficultés quant À la mise en oeuvre effective de l'accord signé À Sun City. Ainsi À la question de savoir si l'union gouvernement-MLC peut réellement engendrer paix, réconciliation et réunification, de sérieux doutes peuvent être émis.