Des femmes élues députées grâce au programme de EISA

Madame Aurélie Razafinjato, Député élu dans le district de Vohibato, Fianarantsoa II, Madagascar

Aurelie

Elue lors des élections législatives malgaches du 23 septembre 2007, Madame Aurélie Razafinjato témoigne. Elle a suivi auparavant le Programme de Renforcement de Capacité des Femmes en Politique à Madagascar initié par EISA dans le pays, avec un financement du gouvernement norvégien. Avec elle, deux autres femmes, qui ont suivi la formation, ont également rejoint l'Assemblée Nationale. Sept autres ont été des candidates malheureuses. Interview.

"Je suis une députée de EISA"

EISA: Qu'est ce qui vous a poussé à vous présenter aux dernières élections législatives?
Aurélie R.: C'est depuis l'année 2005 que j'ai pensé à me présenter. Je voulais devenir député pour changer le cours des choses dans mon district. En effet, j'animais, et j'anime toujours, les associations de femmes rurales de ma circonscription, qui englobe 38 communes. Et je dirigeais l'association " TIM Fanabeazana " (la branche du parti au pouvoir qui s'occupe de l'Education) en tant que Chef de la Circonscription Scolaire (CISCO) de Fianarantsoa II. Aussi étais-je consciente d'avoir la potentialité et le charisme pour devenir député mais je ne savais pas comment y arriver. J'avais beaucoup d'idées mais elles n'étaient pas structurées.

EISA: Est-ce que la formation donnée par EISA Madagascar vous a aidé dans ce sens?
Aurélie R.: Effectivement. J'ai sauté sur l'occasion, même si je me suis inscrite à la dernière minute. J'ai beaucoup insisté pour y assister car c'était le jour de la clôture de la liste. Mais j'aimerais signaler qu'auparavant j'ai déjà participé à trois campagnes électorales. La première était lors de la députation de fin 2002. Ensuite, il y a eu la campagne présidentielle de décembre 2006. Et enfin, j'ai eu une participation active pour le referendum du 4 avril 2007.

madagascar

EISA: Avec vos expériences, quels ont alors été vos acquis lors de cette formation?

Aurélie R.: La formation de EISA, qui s'est tenue du 11 au 14 juin 2007, m'a permis de tracer un plan de campagne bien clair dans ma tête et d'anticiper les différents obstacles à surmonter. Mais elle m'a surtout donnée la confiance en moi-même et en mes capacités. En effet, malgré mes intentions, mon nom ne figurait pas sur la liste du parti au pouvoir, le Tim, auquel j'appartenais. Aussi ai-je décidé de me présenter en tant qu'indépendante en adoptant le slogan " Vohibato tapa-kevitsa " (Vohibato, mon district, décidé) et en y associant un groupe de personnes volontaires et dynamiques, prêtes à participer au développement de la localité. Et je dois dire que j'ai reçu la formation qu'il fallait pour impressionner et séduire les électeurs. Je n'avais pas un grand budget pour faire un manifeste. Mais j'ai misé sur la combinaison de mon image avec le message que je voulais transmettre, en essayant de faire une communication efficace mais à moindre coût.

EISA: Maintenant que vous êtes élue, que pensez-vous faire pour inciter les autres femmes?
Aurélie R.: D'abord, après mon élection, j'ai formé des membres de mon équipe pour qu'ils participent aux élections municipales et communales. Nous avons réussi à avoir 4 maires hommes et des 12 conseillers communaux. Malheureusement les femmes n'étaient pas encore décidées, mais à mon avis cela ne saurait tarder. Par ailleurs, une fois arrivée à l'Assemblée Nationale, j'ai rejoint le groupe parlementaire indépendant pour maintenir la démocratie au Parlement bien que nous soyons très peu nombreux. Mon souhait est qu'il y ait une série de formations en cascade telles que dispensées par EISA. Pour cela, il faut cibler les femmes dynamiques et intéressées à la politique afin de les pousser à se porter candidates aux prochaines élections. Sans oublier les femmes du monde rural qui ont un grand besoin de sensibilisation. Dans ce sens, j'attends vivement la mise en place d'un réseau de femmes malgaches en politique pour de meilleures mobilisation et préparation aux élections futures. Et afin de relever le défi d'avoir 30% de femmes dans les postes de décision à Madagascar.